Annie Leibovitz lors de la conférence de presse pour présenter l’exposition The early years, 1970 – 1983. L’exposition a été conçue pour reconstituer le studio de la photographe en taille XXL, avec l’affichage des photos, des planches-contacts sur des panneaux de liège. « L’objectif est de montrer le processus de travail, ce que le public ne voit jamais », a expliqué Matthieu Humery, chargé des programmes à LUMA-Arles. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

C’est l’une des plus grandes photographes contemporaines. Annie Leibovitz est connue pour avoir réalisé des portraits de stars devenus icôniques, d’hommes politiques, pour de prestigieux magazines, dont le célèbre Vanity Fair. Elle était à Arles ces jours-ci pour le vernissage de l’exposition que lui consacre la fondation LUMA à la Grande Halle, jusqu’au 24 septembre. La fondation LUMA vient en effet d’acquérir son fonds photographique et expose les photos prises entre 1970 et 1983, alors qu’elle finissait ses études et débutait sa carrière. Une première pour la photographe, qui ne s’était jamais vraiment replongée sur ses débuts professionnels et pour la Fondation, qui inaugure ainsi le travail qu’elle mène avec différents artistes pour constituer un Programme d’Archives Vivantes. « Vivantes« , a précisé Maja Hoffmann, » cela veut dire que des expositions seront montées, des ouvrages édités, des travaux menés par de jeunes étudiants et chercheurs« . Une façon de concevoir ce travail d’archivage qui a séduit la photographe : « j’avais été approchée par d’autres institutions, mais j’ai été séduite par ce que proposait LUMA, j’aime l’idée de faire croître un projet ensemble. Et il se passe ici quelque chose de véritablement impressionnant, c’est la vision artistique du futur. »

Maja Hoffmann, fondatrice et présidente de la fondation LUMA a précisé que cette exposition s’inscrivait dans le cadre des Rencontres de la photographie, qui commencent le 3 juillet.

Maja Hoffmann et Annie Leibovitz, à la conférence de presse de l’exposition consacrée aux premiers clichés de la photographe. photo. O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

En guidant des journalistes des plus grands medias français et européens à travers les 8 salles de l’exposition, la photographe a esquissé un portrait de la jeune femme qu’elle était, qui choisissait d’abandonner la peinture, « un art trop solitaire pour moi » au profit de la photo, qui lui paraissait plus « communautaire » et faisait ses premiers pas dans l’Amérique des 70’s, « qui se cherchait une direction« . Fervente admiratrice de Cartier-Bresson et de Robert Frank, elle se trouve présentée un peu malgré elle au rédacteur en chef du magazine Rolling Stones, qui publie quelques unes de ses photos et commence à la faire travailler. Elle couvre l’élection présidentielle de 1972, le départ de Nixon en 1974, rencontre les grandes figures de la contestation, Joan Baez, les membres de la Factory de Warhol, le lancement de la fusée Apollo 17, et accompagne les débuts du journalisme « gonzo »(le journaliste s’immergeant tant dans son sujet qu’il en devient un des protagonistes). Une conception qu’elle appliquera sans doute avec trop d’enthousiasme quand elle a suivi la tournée des Rolling Stones en 1975. « Je voulais faire partie de tout, être partout. C’était stupide de faire ça avec cette bande crétins » a-t-elle commenté aujourd’hui devant le mur d’images , impressionnant, de ce reportage. Son souci alors : capter le moment « avant » ou « après » l’événement, « plus intéressant« . L’exposition permet de comprendre aussi ce qui a fait sa singularité, plus tard, comme portraitiste : l’expérience du reportage, du « terrain », lui a donné envie d’aller chercher dans chaque image une histoire, un moment de vie. L’exposition présente aussi des clichés de sa famille, parce que « je ne posais jamais mon appareil photo et que ma famille était aussi un très bon sujet.  » L’occasion de rappeler que son père lui disait alors : « quand vas-tu avoir un vrai boulot ? »

L’exposition Annie Leibovitz, The early years, 1970 – 1983, à la grande Halle du Parc des Ateliers. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Annie Leibovitz, the Early Years, 1970-1983. Grande Halle, Parc des Ateliers, jusqu’au 24 septembre 2017. Ouvert tous les jours, de 10 h à 19h30.

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