Le pavillon en cours d’édification occupera une superficie de 1200 m2. Il sera recouvert d’une toiture végétale pour assurer une climatisation naturelle. photo Jan Dyver.

Pour l’instant, du projet Contemplation qui s’érige sur le site de l’ancienne Gare maritime à Trinquetaille, on ne voit que ces mâts de bambous qui dessinent une parfaite géométrie dans le ciel arlésien. Quand les travaux seront achevés -d’ici la mi-juin-, c’est un pavillon  de 1000 m2 qui se dressera pour accueillir 40 photos exclusives du moine bouddhiste Mathieu Ricard. Celui-ci a saisi, au Népal, en Inde, en Argentine, au Tibet, au Chili, au Bouthan, d’immenses paysages, comme autant d’images de la plénitude. Ces photos, d’un format de 2 mètres sur 1,5 mètre, imprimées sur du papier japonais Awagami (dont la technique de production remonte à 1400 ans) trouvent dans ce pavillon un écrin en parfaite harmonie. A la fois éphémère et intemporel. Résistant et mobile.

3000 troncs de 15 cm de cironférence sont assemblés selon une technique bien particulière. photo Jan Dyver.

Les 3000 troncs de 15 cm de circonférence et 6 mètres de long sont du bambou guadua, endémiques dans les plaines de Colombie, pays d’origine du concepteur du projet, Simon Velez. Cet architecte, qui prône des démarches de construction plus respectueuses des ressources naturelles, acquiert une renommée mondiale en déclinant ces structures, colossales ou à taille humaine, à base de troncs de bambou.

Quant à l’édification, c’est Vinci Construction, mécène de compétence, qui s’en charge et assurera également son démontage. Le « vaisseau » et sa précieuse cargaison -les photos- pourront ainsi voyager ailleurs dans le monde.

En attendant, ce sont les Arlésiens qui auront la primeur de ce qui s’annonce comme un des grands événements de l’été et dont l’aura dépassera certainement Arles et sa région. L’exposition, inscrite au programme des Rencontres de la photo (du 2 juillet au 23 septembre), sera enrichie par deux soirées associant musique, lectures et méditation, avec Mathieu Ricard et la pianiste de renommée internationale Maria Joao Pires, au théâtre antique, les 28 et 29 juillet.

Le bambou guadua a été choisi pour sa résistance. photo Jan Dyver.