Mehdi Savalli lors de son dernier triomphe à Arles, il y a un an, à l’occasion du 10e anniversaire de son alternative. Photo Olivier Quérette / Ville d’Arles

« C’est avec une vive émotion et après mûre réflexion que j’ai décidé de troquer l’or pour l’argent ». C’est par ses mots que Mehdi Savalli vient d’annoncer, ce samedi 8 septembre, qu’il mettait un terme à sa carrière de matador pour rejoindre les rangs des banderilleros. « J’ai pris cette décision non pas par manque de soutien et d’envie mais uniquement par manque de contrats », explique sans amertume l’Arlésien dans un communiqué. « Il est primordial pour moi de retrouver au plus vite l’enthousiasme qui m’anime depuis mes débuts. Le respect et l’amour du public et des toros ont toujours été essentiels pour moi. Il me tient donc à cœur de ne pas laisser ces valeurs s’éteindre ».

Il continuera d’exercer dans un domaine où il excelle : les banderilles. Photo O.Q. / Ville d’Arles

Mehdi Savalli a été sacré matador il y a 12 ans, dans les arènes de sa ville. « Ça restera le plus beau souvenir de ma carrière » confie l’enfant de Barriol. Ce 8 septembre 2006, il avait triomphé aux côtés du grand César Rincon, lançant tambours battants une carrière pleine de promesses. Entré à 9 ans à l’école taurine d’Arles, Mehdi était vite devenu son élève le plus doué. Sa joie communicative de toréer, sa spontanéité, son courage et son talent banderilles en mains ont été les clés de sa réussite en tant que novillero. Dans les six mois précédant son alternative, il a cumulé pas moins de 42 paseos, triomphant partout en France et en Espagne pour se hisser dans le top 5 de sa catégorie. Mehdi Savalli torée alors quatre fois à Madrid, deux fois à Séville, remporte le prestigieux trophée du « Zapato de Oro » et devient le chouchou des medias, y compris étrangers (« El Mundo », « Time Magazine »…).

Volontiers excentrique, Mehdi Savalli n’avait pas hésité à se rendre un jour aux arènes d’Arles… en Harley Davidson ! / Photo DR

Son parcours de matador sera plus sinueux. Pas toujours bien appuyé par ses agents successifs, Mehdi Savalli voit les opportunités se raréfier. Cantonné aux corridas les plus dures, il reste malgré tout fidèle à son style enjoué et signe des succès importants, notamment à Arles et à Béziers. Il affronte les redoutables Miura plus d’une dizaine de fois et obtient la grâce d’un toro d’Adolfo Martin lors de ce qui restera  son unique corrida en Espagne depuis son alternative. Pour continuer d’assouvir sa passion, il n’a pas hésité à s’exiler régulièrement au Pérou, où il a mené plusieurs campagnes couronnées de succès ces dernières années. Il a longtemps espéré qu’un engagement à Madrid débloque sa situation en Europe mais, injustement, il n’a jamais eu l’occasion de confirmer son alternative dans les arènes de la capitale espagnole.

Il y a un an, Mehdi Savalli avait reçu la médaille de la Ville des mains du maire d’Arles, Hervé Schiavetti. Photo O.Q / Ville d’Arles

Mehdi Savalli  s’est donc résolu à troquer le costume en or du matador pour celui en argent du banderillero. « Je tiens à remercier  chaleureusement toutes les personnes qui m’ont fait confiance depuis mes débuts à l’école taurine d’Arles et qui ont continué de croire en moi, mais il faut savoir partir au bon moment. Cette nouvelle aventure est attrayante et me permettra de continuer à vivre mon aficion » conclut le torero, dont le talent et la personnalité attachante ont conféré à jamais une place de choix dans le cœur des aficionados arlésiens.

Mehdi à Gimeaux, lors de ses premières années à l’école taurine d’Arles. Photo DR