Discours du maire

Le maire d’Arles Hervé Schiavetti a prononcé jeudi 15 janvier 2009 un discours passionné et enthousiaste devant un millier d’Arlésiens réunis à la Grande Halle. Il a notamment souligné les atouts d’Arles pour l’avenir, même en temps de crise. Retrouvez l’intégralité du discours du maire.

Je suis très heureux de vous retrouver pour cette soirée des vœux. Je tenais à cette manifestation pour au moins deux raisons : l’honneur, bien sûr, de vous retrouver, mais aussi témoigner et dire nos objectifs. Nous l’avions fait lors des inondations. Nous l’avons voulu et la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Arles et le Sous-Préfet, tant il nous paraît important de pouvoir dire un propos qui soit un encouragement, des objectifs à atteindre, des engagements à prendre, des défis à affronter. Bien sûr, je vous prie, par avance, de m’excuser de la frugalité de la réception. Les économies réalisées seront données à des associations caritatives. Par ailleurs, c’est pour moi, l’occasion de vous inviter dans cette grande halle de la SNCF. C’est un investissement de 20 millions d’euros, dont le toit de diodes unique en Europe permettra d’organiser des événements. C’est le plus important investissement public dans notre ville, il indique une volonté publique. Celle de donner à Arles sa chance. Unique en Europe, il est à la mesure d’une ambition pour Arles, pour la photographie, l’image et pour les arlésiens. Je dois remercier, ici, Michel Vauzelle, le Président du Conseil Régional, qui en a assumé la maîtrise d’ouvrage et c’est aussi, le moyen de vous montrer le formidable projet porté par la fondation Luma, dont la Présidente est Maja Hoffmann, à qui je remettrai tout à l’heure la médaille de la ville d’Arles, qui a choisi Franck Ghery pour architecte. La maquette du projet est placée derrière vous avant de la disposer dans d’autres lieux de la Maison de Projet. C’est enfin, l’occasion d’être devant vous, avec le Conseil Municipal, que vous avez renouvelé l’année dernière. Je peux témoigner de notre travail pour les arlésiens et pour Arles. En respectant chacun dans son engagement politique. C’est encore le moment de remercier la majorité qui travaille unie pour notre ville, le Conseil Municipal qui construit une démocratie locale intelligente et participative. Nous devons être les garants d’une Ambition, d’une Modernité, d’un Projet pour notre cité, deux fois millénaire et qui a su // a pu // écrire son histoire. Et, je voudrais ici, devant vous, remercier Jean-Maurice Rouquette qui se remet de ses excès de travail, de conférencier et d’auteur. Nous lui devons bien des choses. Nous lui souhaitons une très rapide convalescence. Et, ce soir nous saluerons le travail de ceux qui « sont les enfants » de Jean-Maurice Rouquette, Luc Long et Claude Sintès. Le Premier à découvert le buste de César, le second est le conservateur du Musée Départemental de l’Arles Antique.

2) – Le Plan de Relance Bien sûr, cette année est aussi celle de nouveaux défis, même si on connaît mal les contours de la crise du système financier mondialisé. Bien sûr, elle a des effets pour Linpac, la sidérurgie. Nous ne mesurons pas toutes les conséquences. – (Les conséquences) sur un secteur bancaire qui essaie de mesurer le risque entre prêteurs et qui assaini ses comptes spéculatifs. – Les groupes et l’industrie qui restructurent leur outil de production et licencient. – Les groupes financiers qui restructureront une surabondance de l’offre commerciale. – Le gouvernement qui transfère sur les collectivités locales une partie de son déficit budgétaire en réduisant ses contributions financières. Ce que je souhaite affirmer ici, c’est la volonté des acteurs publics de lutter pour relancer l’économie. Avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pays d’Arles. Je remercie le Président de la CCIPA d’être présent et d’avoir proposé toute une série d’initiatives. La même volonté qui anime la représentation sociale, les syndicats, qui défendent les salariés, les services de l’Etat qui, au quotidien, luttent contre le refus de permis de construire, aident à l’obtention de lignes de trésorerie, établissent le dialogue avec les plus grands groupes de notre économie quand ces derniers amputent leur entreprise de branches de l’activité et délocalisent leurs productions. C’est cette même volonté qui fonde l’action des collectivités locales, régionale et départementale qui acceptent de d’investir plus sans augmenter les impôts pour ne pas accabler les ménages. La rigueur budgétaire qui a caractérisé notre gestion, qu’il faut poursuivre, nous assure une capacité à financer les travaux de 2009. Nous pouvons maintenir un niveau d’investissement de 13 millions d’euros. Avec le SYMADREM, 20 millions d’euros de travaux, par an, seront réalisés pour nous protéger des crues du Rhône. Le Conseil Général des Bouches-du-Rhône engagera des programmes d’investissements exceptionnels sur le réseau routier et prévoit la réalisation de la Rocade, étudie la desserte du Port industriel et fluvial, en plus des opérations prévues : collège, Musée Arlaten et Centre de Secours. Et le Conseil Régional qui s’engage pour : – la réalisation du Parc des Ateliers, – la création d’un port de tourisme et, – la concrétisation de nos ambitions pour la méditerranée, – l’Université et nos Pôles de compétitivités. L’ACCM renouvellera la station de traitement des eaux usées d’un montant de 15 millions d’euros à Arles. Au total de toutes les politiques publiques territoriales présentées par Jean-Noël Guerini et Michel Vauzelle, ce sont près de 100 millions d’euros qui seront engagés sur 5 années pour Arles. Je souhaiterais que nous puissions être accompagnés par le gouvernement pour nos projets arlésiens et du Pays d’Arles. Avec le Président de Région nous avons sollicité des rendez-vous auprès de Monsieur Bussereau, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Ecologie, pour le contournement autoroutier. Il satisfait à toutes les conditions posées par le Grenelle de l’environnement. Avec Messieurs Borloo et Bussereau que soit décidé du financement de la maîtrise d’ouvrage de la digue de protection de la voie SNCF entre Tarascon et Arles, 100 millions d’euros. Nous avons entrepris la même démarche auprès de Madame Albanel – Ministre de la Culture -, pour confirmer l’engagement de l’Etat pour le formidable plan patrimoine antique de 5 millions d’euros de travaux par an. Le premier est terminé. Il faudrait décider pour l’avenir du deuxième volet au titre du Patrimoine Mondial de l’Humanité. C’est un objectif européen, ambitieux, mais indispensable pour la mise en valeur de notre patrimoine. Une politique culturelle de la méditerranée émerge, son rayonnement et son économie sont formidables pour le développement du tourisme, le maintien de l’emploi dans le bâtiment, pour lequel un CFA neuf accueille 200 apprentis. Ce plan serait un exemple pour l’Union pour la Méditerranée. Notre ambition est aussi de demander à l’Etat et au Ministère de la Culture, d’être le maître d’ouvrage de la construction ici, de la nouvelle Ecole Nationale Supérieure de la Photographie que dirige Patrick Talbot et qui est un partenaire du projet du Parc des Ateliers, comme le sont aussi Actes Sud et les entreprises des pôles régionaux de compétitivité de la Culture et du Patrimoine, de l’édition, et notamment Harmonia Mundi, le LERM, le Groupe F et le CICL. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des 1000 emplois qui sont ceux de la culture. Dans nos sociétés développées elle créait aussi (la culture) de la richesse et des emplois, comme la chimie, la riziculture et le bâtiment, la métallurgie ou le papier.

3) – L’effort social Mais il est une réalité sociale précaire. Elle est la conséquence du chômage et de l’exclusion des droits les plus essentiels, comme l’emploi et le logement. La lutte contre cette exclusion est un engagement de notre municipalité. Les élus d’Arles se sont engagés pour fonder des solidarités nouvelles : – des droits nouveaux à l’accès à la propriété, – les soutiens à des associations caritatives qui œuvrent quotidiennement contre la grande pauvreté, – des plates-formes de services publics dans les quartiers et villages dont le rôle doit être renforcé, – des missions d’intérêt général pour l’emploi, la santé, l’action sociale, l’enseignement, l’économie sociale et solidaire, – des actions d’accompagnent scolaire, d’animation, – de développement humain et de rénovation urbaine. La commune d’Arles multipliera dans ces domaines les actions et les moyens budgétaires. Aucun, de ceux qui sont pauvres ou en difficulté, ne doit rester sans un lien, sans un contact. La ville d’Arles est la seule dans notre arrondissement à assurer des accueils de nuit et de jour. C’est un droit, un signe du respect, de reconnaissance de la personne humaine. Je souhaite remercier tous les acteurs de la vie associative. J’ai dit l’aide et le soutien des Conseils Général et Régional, ils sont essentiels. La richesse qui résulte de ces partenariats est formidable, qu’il s’agisse du sport, de la culture, du social et de l’emploi même. Je veux dire, ici, aux associations la nécessité de bien gérer les deniers publics qui leurs sont confiés. La volonté des trois collectivités publiques est rare, suffisamment pour vouloir la conserver. Et il faut beaucoup de rigueur pour pouvoir bien préparer l’avenir.

a) – la réforme des institutions à venir Je voudrais dire, puisque j’ai fait référence au Conseils Général et Régional, qu’il est évident, pour chacun, que leur action respective ne doit pas être remise en cause par la réforme de nos institutions. Les décisions prises, ces dernières années, ont sorti Arles des déficits structurels. La conception que nous avons chacun peut être critiquée mais de grâce que l’on ne réforme sans mesurer les conséquences. Il faut avoir une conscience claire, de la place, du rôle et de la force des politiques territoriales. A l’évidence, la Démocratie voulue par la République de l’An I, commune, département, Etat, rencontre l’Histoire Européenne, celles des Régions et des agglomérations. Pour Arles, le Pays d’Arles qui représente 40% du territoire départemental, (80% du territoire protég), cette reconnaissance est une exigence. Exigence politique, exigences économique et sociale. La preuve en est ce soir : La Grande Halle. Le fait Régional, sa pertinence s’est imposée, il faut en être certain, il est l’avenir, la modernité, l’espoir. Le remettre en cause c’est affaiblir la France.

b) – La solidarité territoriale Je veux aussi rappeler l’engagement, du Conseil Municipal, pour nos villages et pour tous les lieux urbains. Et je veux dire ici, mes remerciements à tous ceux qui œuvrent dans le mouvement social, dans les associations culturelles ou humanitaires auprès de chaque femme, chaque homme, chaque arlésien, afin qu’il puisse trouver la voie d’un épanouissement d’une reconnaissance. Je le dis pour Salin-de-Giraud comme pour Mas-Thibert. Je veux lutter contre le sentiment d’injustice qui fragilise les espoirs ou les projets. Enfin, je souhaite pour notre commune avec les partenaires économiques des actions pour l’emploi et l’insertion de la jeunesse arlésienne.

4) – La chance de ce début de XXIème siècle a – la croissance Grâce à l’action de chacun, notre ville connaît aujourd’hui un temps exceptionnel de croissance, un nombre d’habitant en augmentation, plus de 53.000 pour ce résultat partiel du recensement. J’espère près de 54.000 l’année prochaine. Le nombre de demandeurs d’emploi est celui de la moyenne des grandes agglomérations et s’il ne faut jamais s’en satisfaire, il faut aussi savoir affirmer les atouts de notre économie. Sur le pôle logistique de la Communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette (ACCM) ce sont 319 arlésiens qui travaillent, demain plusieurs milliers avec Fos 2 X L. Les politiques publiques en matière de sécurité confirment les résultats et l’engagement des services publics de la sécurité tant de la police que de la gendarmerie. Je veux les remercier ici, ce soir, devant vous. Les chiffres sont bons puisque dans le secteur urbain d’Arles, nous enregistrons des baisses des actes de délinquance sur la voie publique et une augmentation du nombre de faits élucidés.

b – la reconnaissance Le Centre Ville d’Arles, son patrimoine, ses politiques sont reconnues par l’Etat, et je souhaite que nous conservions une réglementation en matière d’urbanisme commercial, sinon nos centres anciens n’y résisteront pas. Le nôtre vient d’être distingué par le Ministère de la Ville. Il faut aussi dire qu’il est indispensable que nous retrouvions le droit à bâtir et un PPRI pensé comme un atout du développement et non comme une interdiction de bâtir. Les réseaux se sont constitués autour de notre patrimoine classé par l’UNESCO. Les découvertes de vestiges de la basilique paléo-chrétienne de Saint Césaire et le buste de César dans le Rhône, permettent d’offrir de grandes expositions qui ont une dimension internationale. Avec la photographie et Lucien Clergue, le Réattu et Christian Lacroix que je remercie, ainsi que François Barré, François Hébel et Michèle Moutashar, cette politique de grands événements est poursuivie puisque Jean-Noël Guerrini a annoncé pour l’hiver 2009 le thème de l’exposition du Musée Départemental de l’Arles Antique, magnifiée le 7 janvier, par l’émission « Des Racines et des Ailes » : « les découvertes du Rhône ». Je veux, ici, remercier Patrick De Carolis, qui lui aussi apporte sa pierre à la reconnaissance En attendant, je vous invite à visiter l’exposition qui arrive de Seattle et qui est visible jusqu’au mois de mai, elle est une merveille de notre collaboration avec le Musée du Louvre.

c – la dimension méditerranéenne d’Arles L’autre objectif que je veux mettre en évidence est notre capacité à porter les projets de l’Union Pour la Méditerranée en matière d’environnement et de Patrimoine. Au-delà de notre agenda 21, de notre PGD (Plan Local de Déplacement) pour lesquels je confirme nos engagements budgétaires, nous avons la capacité, ici, de porter un formidable projet de centre européen et méditerranéen de conservation et de gestion des zones humides. La Région le souhaite, le Parc Naturel Régional de Camargue le soutient, la Tour du Valat y travaille. Il faut fonder en Camargue cet observatoire européen et méditerranéen qui sera un enjeu pour l’Union Pour la Méditerranée. Et, pour le Patrimoine, je voudrais vous raconter une anecdote. Lors du déplacement de la délégation de Marseille et de la Provence à Bruxelles, face aux représentants de la commission, chaque fois que le Président de la candidature me donner la parole pour expliquer le pourquoi de notre présence, je concluais toujours mon propos par la découverte du buste de César, et Christian Lacroix, la photographie, les festivals et leur conséquence économique. Ce qui immanquablement déclenchait parmi nos interlocuteurs un signe d’approbation. Cette anecdote pour dire, qu’ici, nous avons aussi les atouts pour créer ici le projet de sauvegarde du Patrimoine Mondial utile pour toute la méditerranée. Et il doit être une des actions phares de l’action de la capitale européenne de la Culture, Marseille. Finalement, ce sont des valeurs universelles, humanistes que nous portons avec l’ensemble de ceux qui sont engagés. Et je pense que le temps est venu de porter ce vaste projet de territoire qui contribue au rayonnement de la paix. Ce qui malheureusement, est d’actualité c’est la guerre et ce sont des enfants de la méditerranée qui s’entretuent.

d) – la dimension territoriale La place de la 3ème ville du département des Bouches du Rhône elle est confortée et magnifiée. Et je souhaite qu’elle soit pour ce XXIème siècle celle d’une intercommunalité forte à côté de Marseille, à côté d’Aix Chacun a dit son sentiment et nous partageons tous le même point de vue, même si les temps politiques nous dispersent. Le département des Bouches-du-Rhône doit fonder 3 intercommunalités : Marseille – Aix et Arles. Notre cité ne doit pas être un enjeu de Montpellier et de Nîmes, d’Avignon ou d’Aix. Marseille a besoin de Jules César, du Rhône, de cette vaste plaine humide et sèche qui fonde 80 % des espaces naturels des Bouches-du-Rhône. Et tant mieux si la création de richesse s’attache maintenant à la protection de l’environnement et à la culture. Là encore, le travail des Hommes doit être reconnu. Mais, je ne serai pas complet si je n’oubliais de souhaiter, bien sûr, à chaque famille arlésienne et chacun de ceux qui vivent sur ce territoire des vœux de santé, de prospérité, et de bonheur.

Vive Arles Vive la République Et vive la France