droits de la femme web.indddroits de la femme web.inddLa Ville a organisé deux rendez-vous « phares » pour marquer la journée internationale des droits des femmes. Dimanche 7 mars au théâtre de la Calade avec Catherine Lecoq pour « Paroles de femmes aigres-douces », jeudi 11 mars en mairie avec l’écrivain algérienne Wassila Tamzali.
Claire Antognazza, adjointe au maire, déléguée aux droits de la femme, explique pourquoi la municipalité est engagée dans les manifestations autour de la journée du 8 mars.

« Depuis 40 ans, le mouvement des femmes a permis des avancées importantes : le droit à la contraception, à l’avortement notamment ont été des conquêtes indiscutables. Néanmoins des inégalités incroyables demeurent : si 80% des femmes travaillent, 80% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, 80% des smicards sont des femmes, 80% des retraités pauvres sont des femmes… Alors que parallèlement les femmes sont plus diplômées que les hommes, réussissent mieux dans leurs études, elles sont moins bien payées.

Nous assistons aussi à des régressions dans les relations garçons/filles dans les collèges particulièrement. Et reste posée la question de la violence faite aux femmes au sein de leur foyer, du non-respect de leur autonomie quotidienne et publique. Il y a aujourd’hui trop de signes de régression et c’est pourquoi nous devons ouvrir le débat, informer, aider, organiser, revendiquer collectivement.

Autour du 8 mars, journée emblématique, nous avons construit un programme à la fois festif et de réflexion. Il se poursuivra en mai avec la 2e édition de la manifestation « De ses battements d’elles » sur la thématique « Les femmes et les religions ».

Avec Véronique Ponzé, adjointe aux affaires sociales et José Bosque, directeur du CCAS, nous travaillons sur l’ouverture d’appartements d’urgence pour les femmes battues, à trouver des solutions pour que le conjoint violent soit éloigné du domicile quand la femme souhaite y rester.

40 ans après l’émergence du mouvement féministe, les femmes d’aujourd’hui ont beaucoup d’atouts. Il faut que se poursuive avec elles ce grand mouvement d’émancipation qui a porté les femmes de ma génération à ne plus accepter l’inacceptable ».

C’est le sens que je veux donner à cette délégation, avec des associations, des femmes et des hommes, des intellectuels et des artistes.

droits de la femme web.indd Dimanche 7 mars au Théâtre de la Calade Dans Paroles de femmes aigres-douces, Catherine Lecoq, comédienne et chanteuse, interprète des textes de Louise Michel, Gisèle Halimi, de Simone de Beauvoir, mais aussi de Dario Fo et Mohamed Ali. Elle chante Juliette Gréco et Claude Nougaro… « Il est question des femmes, de leurs espoirs, de leurs luttes et aussi de l’amour, avec humour, sarcasme et passion. 40 ans après la création en France du mouvement féministe et les premières « conquêtes » pour l’égalité, l’autonomie, la liberté, il reste tant à faire… » explique Claire Antognazza élue déléguée aux droits de la femme. Le spectacle, dimanche 7 mars à 16h au théâtre de la Calade, sera suivi d’échanges sur les droits des femmes aujourd’hui. Entrée libre

droits de la femme web.indd Le 11 mars, rencontre en salle d’honneur de l’hôtel de ville avec Wassyla Tamzali, avocate algérienne, écrivain, qui présentera son dernier ouvrage : « Une femme en colère, lettre d’Alger aux Européens désabusés ».

Le combat des féministes est-il différent en France et en Algérie ? « Dans mon livre, je parle du rôle du féminisme, en France ou dans les pays du sud de la Méditerranée comme l’Algérie, par rapport à l’islamisme et la montée de l’islamisme. Aujourd’hui on observe la revendication, y compris par certaines femmes, d’un retour à une tradition et une culture religieuses, basée sur la hiérarchie des sexes. Personnellement je pense que cette revendication illustre plutôt une mise sous influence qu’un choix personnel. Les jeunes immigrées mettent le voile pour affirmer leur identité, leur différence dans la société française. D’autres mettent le voile parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement, parce qu’il y a une pression de la banlieue, une pression du groupe social qui fait qu’elles sont obligées de le faire. Sinon elles mettent leur corps en danger. En France, le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est un long travail. Les femmes n’ont pas obtenu la reconnaissance pleine et entière de leurs droits. Elles ne sont pas encore les égales de l’homme ».

Les autres rendez-vous

Le 8 mars de 20h à 21h30 à la maison de la vie associative, l’association Capacité présente : « Empreintes » : 12 mois, 12 femmes racontent leur vie, ici et là.

le Printemps des poètes, du 8 au 21 mars sur le thème « Couleur femme », la médiathèque présentera un choix de livres pour / par et en l’honneur des femmes.
Le jeudi 11 mars à 14h, les lycéens de Pasquet s’exprimeront sur ce thème.

Le 16 mars à 20h30, studio Incidence, rue Laurent-Bonnemant, Le jour de la dame, quatuor danse et voix avec Isabelle Cavoit, Véronique Delarché, Marie Bosque et Marie Démon

Le CIDF : informer, aider, accompagner… En 2009, plus de 1500 femmes ont poussé la porte du Centre d’information sur les droits des femmes (CIDF). L’équipe, neuf employés plus des bénévoles, intervient également dans les collèges et les lycées pour sensibiliser les jeunes à l’égalité entre hommes et femmes. Le CIDF, Espace Chiavary. est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h. Permanences au Trébon, à Griffeuille et à Mas-Thibert, à Tarascon, Saint-Martin-de-Crau et Port-Saint-Louis. Renseignements au 04 90 93 47 76.