Rudy Ricciotti ©MARCO JEANSON_2102 - riccioti

L’ architecte Rudy Ricciotti
©MARCO JEANSON_2102

Il est abonné aux ferias d’Arles et de Nîmes et n’a surtout jamais raté une seule corrida goyesque, cet événement unique, créé par la direction des arènes d’Arles. Rudy Ricciotti a adoré la première, magnifiée par Christian Lacroix et a beaucoup aimé celle de Viala. C’est maintenant à son tour de se frotter à l’exercice. Pour la première fois, c’est donc un architecte et non un artiste, qui habillera l’amphithéâtre le 7 septembre.
Le créateur du Mucem avait plusieurs projets dans la tête. « Ma première idée était de de retracer le Vélum antique de l’amphithéâtre, avec des câbles. Hélas, la maçonnerie des arènes n’est plus adaptée, j’ai du abandonner l’idée » explique-t-il. Le second dessein était encore plus ambitieux : « j’imaginais reconstituer un bout d’arène, quelque chose de durable, un pilier, un chapiteau. Laisser une trace dans le temps ». Mais la démarche administrative pour aboutir à ce projet aurait été trop longue, et le budget alloué à la goyesque n’aurait peut-être pas été suffisant.
C’est donc la troisième idée qui va se dessiner sur la piste des arènes. Rudy Riccoti va recouvrir entièrement la piste d’ocre. « C’est un clin d’oeil à Christian Lacroix qui avait utiliser l’ocre sur la piste. » Et quelque 200 000 pétales de roses vont être déposés sur ce sable rouge. Rudy Ricciotti redéfinit là un territoire avec ses symboliques. Comme pour une déclaration d’amour, il va falloir effeuiller les milliers de roses. Mais c’est aussi un retour aux fondamentaux : « quand la piste avait était recouverte de pigments bleus, (ndlr: par l’artiste Eva Swansea pour la goyesque de 2010), les chevaux montés par les Alguaziles avaient été très perturbés. Avec le rouge, c’est l’occasion de tester leur résistance, de vérifier la solidité de ces cavaliers qui doivent faire régner l’ordre. C’est un obstacle symbolique que cette autorité doit régler ».
Sous la présidence, ce sont des bouquets de piments d’Espelette qui seront accrochés. « La présidence prend très souvent des broncas, moi je suis le premier à hurler et à secouer le mouchoir blanc. C’est un peu le contrôle du peuple. Vous savez, dans les régimes autoritaires, il y a toujours un grand bouquet de fleurs. Les bouquets de piments sont une allégories, c’est un défi à la présidence ».
Enfin, une grande tenture rouge sera dressée sur le devant de la porte monumentale, un tissu plissé pour rappeler les origines de l’amphithéâtre : l’Antiquité. Il y en aura une également devant le toril, pour symboliser l’entrée du toro en scène. Une scène monochrome, comme une déclaration d’amour à la feria.

Propos recueillis par Sarah Maurières