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Une partie de la couronne restaurée des arènes. photo Patrick Mercier – ville d’Arles.

La grande entrée des arènes et le tourniquet franchis, se diriger vers le corridor de distribution des galeries et tribunes. Une petite porte à gauche s’ouvre sur un escalier métallique ancré dans le sol d’un long tunnel dont on ne voit pas le bout. « Ici nous sommes dans les entrailles des arènes d’Arles, amphithéâtre romain construit il y a deux mille ans. Ce souterrain que nous voulons mettre en valeur est dans un très bon état de conservation, » explique Renzo Wieder, architecte du Patrimoine, qui mène avec la direction du Patrimoine les chantiers de restauration des monuments historiques d’Arles. Depuis quelques jours, ce couloir long de deux-cents mètres sur quatre de large, en maçonnerie pure et dure, très peu éclairé par les ouvertures donnant sur la piste de l’arène, fait l’objet de toutes les attentions de l’architecte. A partir de novembre 2016, le lieu va être inclus dans la visite des arènes. Pour cela quelques travaux sont nécessaires. Le déblaiement de gravats qui l’obstruaient a été réalisé dans un premier temps. « Nous en sommes maintenant à l’égalisation du sol par couches de sable très compactes de façon à permettre la circulation des visiteurs en toute sécurité, à quoi s’ajoutera l’installation d’un éclairage adapté. L’endroit va être présenté dans son aspect brut, originel, » poursuit Renzo Wieder. Dans un édifice classé au Patrimoine mondial de l’humanité, il n’est pas envisageable de modifier les éléments d’architecture sauf pour le consolider. Ici, il faudra régler un problème de ruissellement de l’eau de pluie.

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Le souterrain, ou côté obscur des arènes, juste éclairé par une lampe de chantier. photo Romain Boutillier – ville d’Arles

Une curiosité du patrimoine arlésien à découvrir

Ce tunnel qui longe un quart de la piste est au même niveau que celle-ci. Dans l’Antiquité, la piste construite en plancher sur pilotis était située au moins à deux mètres au-dessus de l’actuelle. Le tunnel, alors considéré comme un souterrain, donnait sur les dessous de piste où étaient entreposées différentes machineries (décors, monte-charges…).
De là montaient des effets particuliers dont les romains étaient friands et qui faisaient apparaître toutes sortes d’objets, d’acteurs ou d’animaux sur le plancher, sans que l’on sache bien d’où cela provenait… Le fameux effet « deus ex machina ».

« Le souterrain servait certainement à garder les animaux en cages, à faire attendre les gladiateurs. C’est un endroit où l’on peut imaginer de l’activité et beaucoup de bruits, celui des fauves, des hommes travaillant, des machines, de la foule des spectateurs. C’est une des faces cachées du monument qui va être montrée aux visiteurs. L’amphithéâtre prend soudain une autre dimension. A l’intérieur du souterrain, nous perdons même le sens de l’orientation,  » souligne Renzo Wieder. 

Rarement ouverte ou utilisée, cette structure mystérieuse a cependant été soumise à des campagnes de fouilles archéologiques. Des traces du rempart d’Auguste (63 avant J.C. – 14 après J.C.) y ont ainsi été mises à jour mais il est avéré que les arènes ont été fondées indépendamment du rempart.

Le plafond voûté est à bonne hauteur jusqu’à un passage en arc de cercle qui distribue un deuxième souterrain, une sorte de grotte, par lequel les visiteurs pourront rejoindre la sortie sans emprunter l’escalier d’accès et retrouver air libre et lumière naturelle. Les alcôves de cette partie située sous les premiers rangs des tribunes ont été nettoyées. Des détritus (canettes, papiers…) y étaient tombés par de petites cavités supérieures et les encombraient.

Plusieurs chantiers

Le chantier du souterrain et de ses « dépendances » fait partie d’une opération de restauration plus vaste s’élevant à 300 000 euros financés par la Ville et la Direction régionale des affaires culturelles. Elle comprend également l’aménagement de l’espace réception Luppé (côté montée des arènes), des travaux d’assainissement et l’habillage des poutres en fer avec du bois au niveau de la porte principale d’accès à la piste. Tout cela est programmé trois ans après la fin des grands travaux de réhabilitation de la couronne extérieure des arènes.