Ecole provisoire de Villejuif, datant de 1957. Exposition Jean Prouvé au Parc des Ateliers. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Tous les Arlésiens étaient conviés, le 20 octobre en fin de journée, à la découverte de la nouvelle exposition présentée par LUMA à la Grande Halle du Parc des Ateliers, Jean Prouvé, architecte des jours meilleurs. Dans un joyeux brouhaha, se mêlaient parents et enfants, simples curieux et amateurs d’art, journalistes spécialisés en architecture et artistes contemporains, partageant l’impression de vivre un moment rare. Si les expositions consacrées au mobilier sont fréquentes, il est inédit d’en voir consacrées à l’architecture, avec la présentation, de douze bâtiments ou maisons.  Enfin, c’est la seconde fois, depuis 1986, que la Grande Halle sera ouverte tout l’hiver avec une exposition.

Maison Métropole, conçue en 1949. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Ni architecte, ni ingénieur, Jean Prouvé reçut une formation de ferronnier d’art. Il imagina pourtant un système de construction révolutionnaire. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, des milliers de bâtiments ont été détruits : il est urgent de construire rapidement des logements. A la tête des ateliers qu’il a fondé avant-guerre, Jean Prouvé imagine des maisons qui peuvent être fabriquées rapidement, simplement et à grande échelle. Il conçoit un système composé de panneaux de façade et de portiques métalliques. Le tout doit pouvoir être monté par deux ouvriers en une journée et démonté aussi vite. Il améliorera sans cesse son sytème, en fit des écoles, une station-service, un bureau… Dans la Grande Halle, les premiers visiteurs  sont entrés dans les maisons, fait jouer les systèmes d’ouverture des fenêtres, découvert l’ingéniosité des installations sanitaires et mesuré ainsi le génie créatif de Jean Prouvé, décédé en 1984 à l’âge de 83 ans. « Ce sont des constructions très simples d’apparence. Mais tous les procédés qui permettent de faire tenir le bâtiment sont cachés. Ce sont des maisons à secret » a expliqué Mark Wigley, professeur à l’université de Columbia, à New-York, et spécialiste de Jean Prouvé. Il a également fait prendre conscience du profond humanisme du bâtisseur: « il ne se souciait pas de l’image de ses constructions, ni de la sienne. Ce qui lui importait, c’était les gens qui vivaient à l’intérieur. »

Durant le terrible hiver 1954, Jean Prouvé répondit à sa façon à l’appel de l’Abbé Pierre. L’ecclésiastique dénonce les familles et les enfants jetés à la rue, condamnés à mourir de froid. Jean Prouvé conçoit « la maison des jours meilleurs », bâtie toujours selon les mêmes principes et la même philosophie.

Ce projet social, cet humanisme, acquièrent un écho nouveau, aujourd’hui, à l’heure ou des millions de réfugiés quittent leurs pays et se retrouvent sans-abris, dans notre pays et presque partout en Europe. Ce n’est évidemment pas un hasard si LUMA a choisi de programmer cette exposition maintenant.

Autour de chaque maison, l’exposition présente une maquette et des documents, dessins, plans, qui permettent de comprendre le processus de fabrication. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Exposition présentée jusqu’au printemps 2018. Ouverte du mercredi au dimanche, de 11h à 18h. Tarif  7 €, 5 € (réduit). Gratuit pour les moins de 18 ans et les Arlésiens. + 3 € pour la visite commentée. Visites commentées, visite-atelier-goûter pour les enfants les mercredis et samedis, visite-atelier en famille les dimanches. www.luma-arles

Retrouvez toutes les photos de l’exposition sur photothèque.arles.fr