L’entrée dans les arènes de la dépouille de Luc Jalabert et de sa famille pour un hommage émouvant. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

« C’est une grande figure d’Arles qui s’en va ». Devant la primatiale Saint-Trophime, un monsieur, digne dans sa veste de gardian en velours noir, résume en quelques mots la pensée et l’émotion des centaines de personnes venues dire un dernier adieu à Luc Jalabert, le vendredi 30 mars 2018. L’éleveur, ancien torero, ancien apoderado et empresa des arènes d’Arles pendant 17 ans, s’est éteint le 27 mars et ses obsèques sont célébrées alors que la Feria de Pâques 2018 commence.

La foule, émue et silencieuse, s’est rassemblée, dès 9h30, aux arènes pour un hommage public, autour de la piste marquée en son centre du « fer » de l’élevage  Jalabert. Puis, sa famille, les élus d’Arles, le sous-préfet, la Reine d’Arles, ses demoiselles d’honneur et les Reines précédentes, tout de noir vêtues, les éleveurs et gardians, ont accompagné la dépouille jusqu’à la primatiale Saint-Trophime pour la cérémonie religieuse. Celle-ci a été accompagnée par des musiciens de l’orchestre Chicuelo II, qui ont joué l’Ave Maria de Gounod, et plusieurs extraits de la bande originale du film Mission.

Sur la place de la République, les gardians et une foule nombreuse saluent l’entrée dans la primatiale Saint-Trophime. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Plusieurs hommages ont été rendus et retracé le portrait de cet homme qui a su incarner, avec une exigence et un dévouement sans partage,  tous les métiers, toutes les passions liées à la tauromachie. Michel Vauzelle, ancien ministre, député d’Arles et président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a salué son ami, celui qui, « avec intelligence, simplicité, humour, incarnait l’expression-même d’une passion, d’une aficion pour les taureaux et les chevaux. En ce jour de ténèbres qu’est le Vendredi saint, ceux portent l’habit de lumières comme Luc et son fils portent l’espérance. »

Après Hervé Schiavetti, qui a présenté les condoléances du conseil municipal à la famille de Luc Jalabert et l’a assuré de son affection et son admiration, Alain Lartigue, son complice pendant plus de 40 ans, a partagé les souvenirs d’une amitié forte née « entre le basque et le camarguais« , autour d’une même passion. Puis Jean-Baptiste Jalabert, au nom de l’ensemble de la famille, a évoqué »le père et le grand-père, qui avec amour, tendresse, bienveillance, exigence, a su faire partager ses passions. » La voix brisée, le matador a remercié son père : « grâce à tes conseils, ton regard, tes critiques, j’ai réalisé mon rêve, notre rêve. »

A la sortie de l’église, l’hommage des gardians, et le cheval de Luc Jalabert, à la selle drapée de noir. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.