Michel Albagnac en 2010, en salle d’honneur de l’Hôtel de Ville d’Arles. photo Daniel Bounias.

« Un grand monsieur« , « un personnage« , « une figure d’Arles« … A Arles, Michel Albagnac ne laissait personne indifférent. L’homme qui a « fait » le Jules César s’est éteint le 28 août 2018, à l’âge de 96 ans.

En 1975, cet infatigable entrepreneur qui s’était formé sur le tas dans les les palaces d’Alger, Londres, Paris ou Nice, rachetait le Jules César. Accompagné de son épouse (décédée en 2005), il a transformé ce qui n’était qu’une étape pour les voyageurs en hôtel de luxe. Les plus grands matadors, des stars françaises et internationales ont séjourné dans cet ancien couvent des carmélites, transformé en hôpital pendant la Révolution française, puis en hôtel au début du XXème siècle. Mais c’est Michel Albagnac qui lui donna ses lettres de noblesse, son élégance et le cachet du service « à la française ». En 2013, il avait cédé l’hôtel à un groupe hôtelier, mais gardait un oeil paternel sur l’établissement. Son activité d’hôtelier ne lui suffisait pas : membre des amis du vieil Arles, il avait fait restauré à ses frais la chapelle de la Charité (attenante à l’hôtel) et entretenait la tombe de Victor Hugo, père de son arrière-grande-tante. Son engagement, sa carrière prolifique lui valurent d’être élevé au grade de chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur il y a quelques années.

Le 19 juin dernier,  le maire d’Arles l’honorait de la médaille de la Ville, que sa fille recevait à sa place, puisque Michel Albagnac, victime d’une mauvaise chute, devait garder la chambre. C’était aussi l’occasion de découvrir ses mémoires, écrites avec l’aide de Christine Gimbert, « Un hôtelier étoilé ». Le récit d’une vie extraordinairement bien remplie.

Michel Albagnac, qui venait de publier ses mémoires, avait reçu la médaille de la Ville le 19 juin 2018. Photo Romain Boutillier /Ville d’Arles.