le projet de contournement autoroutier d’Arles est à nouveau sur les rails. La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) vient de confier au groupe Egis la réalisation des études préalables au dossier d’enquête publique. Une bonne nouvelle, pour un projet lancé il y a … 20 ans.

La RN 113 connait une circulation intense, accrue pendant les périodes de congés. photo D. Bounias/ville d’Arles.

Le groupe Egis – spécialisé dans l’ingénierie et le conseil en matière de transports, environnement, industrie… – va réaliser les études préalables à l’enquête publique du contournement autoroutier d’Arles. Ce travail, d’une durée de trois ans, va comprendre la réalisation d’études thématiques, techniques et socio-économiques, en prenant en compte les innombrables études réalisées sur ce dossier depuis 20 ans.

65 000 véhicules par jour

Cela fait 20 ans en effet que circule l’idée de créer ce fameux tronçon autoroutier manquant. Sur une distance d’un peu plus de 10 km, les véhicules qui circulent sur l’A54 (vers le sud et vers le nord) sont soudain obligés d’emprunter la N113 et donc de passer au coeur de la ville d’Arles, avant de reprendre l’autoroute. Une situation aberrante, unique puisque c’est le seul tronçon, depuis le sud de l’Italie jusqu’au sud de l’Espagne où l’autoroute fait défaut! Résultat : 65 000 véhicules par jour environ empruntent ces voies et traversent Arles, soumettant les Arlésiens à un danger certain, à des nuisances (bruit, pollution) difficilement supportables. Sans parler des monuments de la Ville (dont les principaux sont classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco) fortement impactés par cette source de pollution.

Les riverains et les élus mobilisés depuis des années

En 2012, l’Etat et les acteurs locaux s’étaient mis d’accord sur un tracé au sud de l’agglomération. Il permettrait d’extraire la circulation de transit du centre-ville et de redonner à la voie rapide, dans sa section la plus citadine, figure de boulevard urbain. Le projet était même classé comme prioritaire par le gouvernement en 2013. Puis, plus rien… Les riverains, les comités d’interêt de quartier, dont celui de la Roquette, quartier dont les habitants souffrent particulièrement des nuisances, et les élus (le maire d’Arles, les députés Michel Vauzelle puis Monica Michel, le vice-président de la communauté d’agglomération ACCM David Grzyb, Nicolas Koukas, conseiller départemental) n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme. La Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a souligné l’importance « cruciale » du contournement pour le développement économique d’Arles, alors que des projets d’envergure (comme celui de la fondation Luma au Parc des Arles) vont entraîner une circulation encore plus importante.

Le gouvernement ressort le dossier

Puis en novembre 2018, le dossier ressort des oubliettes. Le gouvernement l’a inscrit dans le projet de loi sur les mobilités nouvelles. Et annonce même un début de travaux en 2023.