Tahar Habas, vice-président de l’association mémorielle Bachaga Boualam, a été aussi président du Kiwanis Arles-Camargue-Alpilles en 2016 et 2017. photo F.Gardin/ville d’Arles.


Les applaudissements étaient enthousiastes et l’émotion vive, en salle d’honneur le 16 février 2019, quand Tahar Habas s’est vu remettre l’insigne de chevalier de l’ordre national du Mérite. C’est Hervé Schiavetti, le maire d’Arles, qui a apposé l’étoile à six branches émaillée de bleu, en rappelant le parcours singulier de cet homme arrivé à Arles en 1962, à l’âge de 20 ans. Tahar Habas quittait alors l’Algérie et rejoignait Mas-Thibert où s’était installé le Bachaga Boualam, vice-président de l’Assemblée nationale de 1958 à 1962, et sa famille. « Ce fut une chance pour Arles d’avoir accueilli la communauté harkie » a d’ailleurs précisé le maire d’Arles.

L’épouse de Tahar Habas, Monique Thouery. Leur mariage a été célébré en 2013 à Arles, par Hervé Schiavetti. photo F. Gardin/ville d’Arles.

Alors qu’il menait une carrière de directeur d’hôpital dans le nord de la France et en région parisienne, Tahar Habas a fondé en 1991 l’association Bachaga Boualam pour la Mémoire et l’honneur des harkis, avec Lahcène Boualam, l’un des fils du Bachaga. Il siège au sein du groupe des dix responsables nationaux auprès du Secrétariat d’Etat du ministère des Armées. Revenu dans le pays d’Arles en 2009, il est un citoyen impliqué dans la vie de sa cité, membre du Kiwanis Arles-Camargue-Alpilles (dont il fut président), membre de la bodega Les Andalouses. « Mas-Thibert est un haut lieu de mémoire pour nous », a-t-il précisé devant sa famille et ses amis réunis en salle d’honneur, avant de dédier cette distinction « à nos parents, qui nous ont transmis une certaine idée du courage et de l’honneur. Je continuerai à honorer et défendre la mémoire du Bachaga Boualam,
des harkis, de l’armée d’Afrique car un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »