De très nombreux Arlésiens étaient réunis en salle d’honneur de l’Hôtel de Ville pour témoigner de leur refus de l’antisémitisme. photo R. Boutillier/ville d’Arles

Les Arlésiens ont répondu présent, le 19 février 2019, à l’appel lancé par la section arlésienne de la Ligue des droits de l’homme, le Centre de la Résistance et de Déportation d’Arles et du pays d’Arles, les élus du conseil municipal et les forces politiques républicaines pour manifester leur indignation face à la multiplication des actes antisémites sur le territoire français.

Un cimetière juif profané, des croix gammées tracées sur des portraits de Simone Veil, les arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi abattus, les insultes proférées à l’encontre du philosophe Alain Finkielkraut sont les événements les plus récents dans un contexte d’augmentation des faits d’antisémitisme. « Ces actes nous rappellent l’extermination des juifs, le négationnisme du système politique que les nazis ont installé durant la seconde guerre mondiale et l’ardente nécessité d’expliquer aux nouvelles générations ces faits précis afin de prévenir la montée du fascisme, notamment au moment des crises du chômage et des migrations qui en découlent » a notamment déclaré Hervé Schiavetti, le maire d’Arles.

Josette Pac, au nom de Centre de la Résistance et de déportation d’Arles et du pays d’Arles, de l’Association nationale des anciens combattants et de la
Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes, rappelait l’importance de se souvenir des valeurs portées par le Cnseil national de la Résistance et la nécessité d’une « vigilance accrue, car l’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un délit. »

Chantal Mainguy, présidente de la section arlésienne de la Ligue des droits de l’homme, appelait à une mobilisation générale « pour la liberté de tous et de chacun » et martelait : « aucun de ces actes ne doit être banalisé. Laisser faire, banaliser, c’est accepter que chacun d’entre nous puisse être menacé, insulté, agressé, en raison de sa religion, de ce qu’il est, ou supposé être.« 

Jean-Frédéric Dejean, au nom du Parti communiste français, a cité l’essayiste Franz Fanon : « quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous » et appelé les Arlésiens à se rendre en nombre, dimanche 24 février à l’anniversaire de l’Affiche rouge, « ce groupe de résistants étrangers qui se sont battus pour la liberté et contre le nazisme« .

Un texte saint conservé à la médiathèque

Au cours du rassemblement, Rémi Venture, directeur de la médiathèque, a présenté un document conservé dans les archives. Il s’agit d’un manuscrit en hébreu, fragment d’un texte saint, retrouvé dans une rue du quartier juif, après l’incendie qui le ravagea en 1484. photo R. Boutillier/ville d’Arles.