Il y a 30 ans, étaient inaugurés les nouveaux locaux de la médiathèque d’Arles, dans l’ancien Hôtel-Dieu. Un événement dont on célèbre en ce moment l’anniversaire.

Le maire d’Arles, les élus, les anciens et l’actuel directeur de la médiathèque dévoilent la plaque en hommage en reconnaissance à Jacques Gibert, fondateur et conservateur de la bibliothèque municipale d’Arles, qui était initialement apposée au palais de l’Archevêché, où était située la bibliothèque jusqu’en 1989. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Connaissez-vous la médiathèque d’Arles ? Paradoxalement, c’est l’un des lieux emblématiques de la ville, mais dont le fonctionnement reste mystérieux. La première bibliothèque publique a été installée en 1840 dans la mairie centrale. En 1920, elle déménage à l’Archevêché et compte, dès les années 50, l’un des premiers départements jeunesse. Le 19 février 1989, c’est une petite révolution : la bibliothèque s’installe dans une partie des locaux de l’ancien hôpital d’Arles, aménagés par les architectes Denis Froidevaux et Jean-Louis Tétrel. Outre son caractère novateur, le lieu -organisé autour d’un vaste puits de lumière traversé des fameuses poutres colorées- incarne la volonté municipale de développer l’action publique autour du livre, de l’image et du son, et d’offrir l’accès à la culture à tous les Arlésiens. Un geste symbolique l’avait d’ailleurs incarné : le transfert du premier livre depuis les salles de l’Archevêché jusqu’à l’ancien hôpital. A l’époque, l’établissement proposait de nouveaux services : l’ensemble des collections en accès libre, le prêt de cassettes vidéo et de disques et même une artothèque, où l’on pouvait emprunter sculptures, lithographies, photographies…

L’artothèque a disparu mais la médiathèque continue à évoluer. En 2011, un nouvel aménagement est mis en place pour faciliter l’accueil, des automates de prêts et des postes informatiques installés. 2016 signe le passage à l’ère numérique. Chaque abonné peut désormais, via son compte, lire, regarder un film, écouter de la musique, voir un concert en ligne en accédant à des plateformes choisies pour la qualité et la pertinence de leur collection par les médiathécaires. Un site Internet plus ergonomique, une connexion wi-fi et des ordinateurs supplémentaires complètent le dispositif.

Le plus grand choix au service de tous

Tout-petits, enfants, ados, adultes, amateurs, public spécialisé… Les 34 agents de la médiathèque s’attachent à donner au plus large public l’accès au choix le plus vaste possible de livres, revues, livres audio, films, documentaires, enregistrements musicaux. « Cette médiathèque appartient à tout le monde, c’est un bien public » résume l’une des bibliothécaires. Tout leur art consiste à constituer un fonds riche, varié, équilibré entre les classiques et les nouveautés, les œuvres de référence et celles à découvrir.Une charte des acquisitions, mise en place en 2011, établit que les collections doivent « être représentatives de tous les champs du savoir et de la connaissance », qu’elles sont régulièrement renouvelées tout en s’inscrivant dans l’histoire « pour répondre à des besoins d’information, de documentation, de formation, de loisir, d’enrichissement personnel. » Les bibliothécaires ont également à cœur de donner à connaître les œuvres et les auteurs peu médiatisés, une audience qu’ils ne trouvent pas ailleurs.

La conservation, autre mission de la médiathèque

Des manuscrits du 11ème siècle, la Bible de l’abbaye de Montmajour, datée du 12ème siècle, des archives privées, tout un pan d’histoire se raconte à travers ces ouvrages acquis ou donnés depuis le 19ème siècle et conservés à l’abri. Beaucoup concernent l’histoire d’Arles, la Provence, la Camargue, les traditions comme la tauromachie, la culture du riz, l’élevage des moutons. Mais on y trouve aussi toute la littérature romantique anglaise, car Amédée Pichot fut un grand traducteur de Byron, Walter Scott, Dickens, Tackeray… et son fils, Pierre-Amédée, lui spécialiste de fauconnerie, a légué toute sa bibliothèque. Jusqu’au 27 avril, la médiathèque présente d’ailleurs une exposition à ce pan moins connu de son activité, et expose les dons faits depuis 30 ans. On y découvre des merveilles, ouvrages du 16ème et 17ème siècles, qui éclairent l’histoire locale et nationale. voir arles-agenda.fr

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