« Jules, je l’ai vu grandir. Il y a quelques années, il m’a dessiné un poisson. Ce poisson ne ressemblait à aucun autre et je me suis dit qu’un jour, Jules exposerait dans ma galerie. » Anne Clergue ne s’est pas trompée. Jules Milhau, 18 ans, présentera ses œuvres au 4 rue du Plan de la cour, ce samedi 20 avril et jusqu’au 25 mai prochain. Ce sera la première expo accrochée sur les murs de la nouvelle galerie d’Anne Clergue, et la seconde dans la vie du jeune artiste. « Il est né avec un pinceau à la main, et il ne l’a pas lâché » dit de lui la galeriste arlésienne. Dans l’hôtel nîmois que tenait sa mère, Jules Milhau a croisé des toreros, des comédiens, des peintres et des chanteurs. Butinant dans cette ruche artistique, il a aussi loin qu’il s’en souvienne ressenti et assouvi son besoin de peindre.

« Dans le mas familial, j’avais le droit de dessiner sur les murs » raconte-t-il. Une après-midi, la pluie avait tracé sur le crépi d’étranges silhouettes. Jules y a vu des toreros, a pris sa palette et trempé son pinceau dans une flaque pour donner naissance à ce qui deviendra l’affiche de la novillada des 30 ans de l’école taurine d’Arles, mais aussi une centaine de dessins à découvrir lors de l’exposition. Ces œuvres en format A4 côtoieront des Ménines de deux mètres, ces per-sonnages qui, chez Velasquez comme Picasso, l’ont tout de suite fascinés. « Mais Jules a son style propre : on sent une réelle liberté, quelque chose de très ouvert, où tout est possible » décrit Anne Clergue. « En peinture, il faut tout se permettre, prescrit l’artiste. Et, surtout, sortir du cadre. »

« Taconeo », galerie Anne Clergue, 4 rue du Plan de la Cour. Vernissage ce samedi 20 avril après la corrida.