In the mood for Arles, le compte Instagram qu’elle a créé voici un an se démultiplie : après le livre, Arles petit guide de vie quotidienne, c’est aujourd’hui l’application qui est lancée. L’ambition de cette Arlésienne : faire (re)découvrir Arles et mettre en valeur ceux qui y prônent un certain art de vivre.

Virginie Ovessian. photo Morgane Re.

« Moi qui connais Arles depuis toujours, je voyais bien que ma ville était en train de changer. J’ai souhaité d’abord garder des images de ces ruelles, ces façades qui font la beauté de la ville. Aussi la première photo publiée sur le compte Instagram In the mood for Arles a été la rue où j’habite ».

C’est à la terrasse de « Mon bar », petit théâtre de la vie arlésienne situé sur la place du Forum, que Virginie Ovessian, photographe formée à l’Ecole nationale supérieure de la photographie, a eu l’idée de raconter cette histoire. Celle d’une ville au caractère unique, riche d’une histoire et d’un patrimoine millénaire arrimée à un fleuve au cours tumultueux, et plantée au milieu des paysages uniques de la Camargue. Le 1er janvier 2018, elle ouvre donc le compte Instagram In the mood for Arles, et publie la première photo, comme une déclaration d’amour à la ville où elle est née. « Très vite, j’ai voulu aller voir derrière les vieille pierres et les façades, car le caractère arlésien, ce sont les Arlésiens qui le forgent. Ceux qui sont ancrés-là depuis des générations comme les nouveaux venus, envoûtés par ce charme particulier. J’avais envie de parler des personnalités mais aussi mettre en lumière ceux qui s’impliquent pour la ville, les artisans, les créateurs, les commerçants. »

Virginie Ovessian pousse donc les portes des boutiques, des ateliers, photographie les lieux, les savoir-faire, les visages. D’une plume bienveillante et alerte, elle conte des trajectoires de vie. « Je ne porte aucun jugement, je rentre chez ceux qui, par leur personnalité, leur travail, leur engagement, font d’Arles ce qu’elle est aujourd’hui, un mélange finalement réussi d’expériences, d’histoires et de parcours différents. » Elle tape le carton au Sarto, saisit la générosité de Fouad le cordonnier, essaie de soutirer à Martial la recette de son pain, salue le travail de Laudine Jacquet qui prône une nouvelle façon de consommer, sans gaspillage. Néo-Arlésiens et descendants de vieilles familles, petites échoppes ou grandes vitrines, elle accorde à tous la même attention. Et la même qualité professionnelle : sens du cadrage, éclairage soigné, cohérence du propos… séduisent les lecteurs. « J’espère aussi que ce travail réunira les Arlésiens, qui n’ont pas forcément le même ressenti sur l’évolution de la ville. » Trois mille personnes suivent désormais le compte Instagram, et le projet de livre a été immédiatement accepté par Actes Sud.

Arles petit guide de vie quotidienne 208 p. 25 €

Arles petit guide de vie quotidienne est organisé autour des saisons, car l’auteure sait bien qu’Arles ne se dévoile vraiment qu’à ceux qui restent plus d’un été entre ses murs et présente plus d’une cinquantaine de portraits, mais aussi des lieux emblématiques, des rendez-vous culturels. Bref, il porte bien son nom. Alors qu’il est en vente dans les librairies et dans les boutiques partenaires depuis le 3 juillet, c’est aujourd’hui une appli qu’il faut télécharger pour avoir sur soi les bonnes adresses de la vie arlésienne.

L’aventure n’est qu’à son début. En arpentant les ruelles, la photographe repère ceux qui manquent encore à sa petite collection. Et se réjouit, en travaillant à faire connaître le livre et ses déclinaisons, de parler davantage des autres que d’elle-même. « En étant photographe, je suis, derrière l’objectif, ce qui me convient très bien. Et mettre en avant ceux qui défendent un certain art de vivre, c’est une façon de partager leurs valeurs. » Et de trouver sa place au coeur de cette petite galaxie.

In the mood for arles se démultiplie. Pour ceux qui veulent envoyer des « petits bouts d’Arles » autour du monde ou les épingler sur leurs murs, Virginie Ovessian a créé des « photographies postales », images intemporelles ou contemporaines de la ville. On les trouve chez les commerçants partenaires et chez Marius, concept store qui réunit des créateurs arlésiens. La photographe y vend, à petit prix, des tirages signés (35€) ou encadrés (60€). Marius, 3 rue Jouvène.