photo R. Boutillier – ville d’Arles

Cent trente-et-un ans séparent la création du tableau « Semeur au soleil couchant », peint par Vincent van Gogh à Arles, et le retour exceptionnel de cette toile dans sa ville de naissance. L’événement est de taille. Il vient aussi couronner l’exposition « Vincent van Gogh : Vitesse & Aplomb » que la Fondation Vincent van Gogh Arles consacre depuis le printemps 2019 au maître hollandais. Aux cinq œuvres déjà présentes s’ajoute depuis quelques jours celle-ci qui a été fêtée vendredi 26 juillet 2019 à l’occasion d’un vernissage. Après les allocutions de Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation, de Lukas Gloor, commissaire de l’exposition et directeur de la Collection Emil Bürlhe, à laquelle appartient le tableau, et du maire d’Arles, Hervé Schiavetti, le public était invité à découvrir le « Semeur au soleil couchant ». Dans un paysage plat, la silhouette d’un homme à la tête auréolée d’un soleil puissant voisine avec un tronc d’arbre protecteur. La scène se passe dans la campagne arlésienne aux alentours du 25 novembre 1888. « Ce tableau est l’aboutissement d’une série d’études consacrées à la figure emblématique du semeur qui avait été traitée par le peintre Jean-François Millet. Ce sujet obsédait Van Gogh », explique Lukas Gloor. Accrochée seule dans une salle de l’institution culturelle, l’oeuvre en devient presque intimidante, mais se laisse admirer, détailler. Face à elle, un cartel présente les versions préliminaires dans un style néo-impressionniste et leur histoire. La genèse de la version définitive est riche de rebondissements et de la compétition entre Van Gogh et Gauguin.

photo R. Boutillier – ville d’Arles

« Semeur au soleil couchant », une des toiles les plus connues de l’auteur de « La nuit étoilée » a un statut d’icône avec ses valeurs sombres et claires qui lui donnent de la monumentalité, son motif japonisant, souligne Lukas Gloor. Au bas de la toile la signature inhabituelle permet de comprendre que ce travail est important pour l’artiste. « Cette image représente un homme en harmonie avec les forces cosmiques mais pas seulement. Il y a aussi des ambivalences dans ce tableau, avec le ciel verdâtre, un peu comme un poison. Il nous rappelle que la nature est menacée. C’est plus que jamais d’actualité », précise Bice Curiger.

L’exposition « Le retour du semeur  » est visible jusqu’au 20 octobre. A voir aussi « Vincent van Gogh : Vitesse & Aplomb » et la rétrospective « Niko Pirosmani – Promeneur entre les mondes  » avec les hommages de Tadao Andō, Christina Forrer, Adrian Ghenie, Raphaela Vogel, Shirana Shahbazi, Yoshitomo Nara, Andro Wekua, Georg Baselitz, Iliazd, Pablo Picasso.