Concert de Yaël Naim, cet été. Photo Philippe Praliaud / Ville d’Arles

Découvertes, artistes confirmés, belles surprises : la programmation de ce petit temple de la musique est fidèle à ce qui fait son succès depuis un quart de siècle.

Des voix, des guitares, des transes électro, des fous rires, des coups de gueule et des coups de foudre… Le Cargo de Nuit, c’est avant tout le lieu où les Arlésiens de tous âges se croisent et font la fête, où les artistes, venus du quartier voisin de la Roquette ou de Californie, donnent des concerts qui impriment les mémoires. Une institution de la vie culturelle, qui tient son cap : offrir au public une programmation éclectique, entre tous les genres musicaux, rock, jazz, blues, électro, hip hop, et afficher aussi bien les talents en devenir que les « pointures ». La programmation de cette rentrée l’illustre encore une fois, entre les découvertes comme Gunwood, H-Burns, les rockers arlésiens Karavan et Anodine, ou les plus confirmés Bazbaz, Broussaï ou Sinclair. Sans oublier Raoul Petite qui revient, comme tous les ans, juste avant Noël… « Ce sont nos rois mages » commente Jean-Marc Pailhole, créateur et directeur, qui a vu son public grandir, évoluer et rester fidèle. « Ce n’est évidemment pas facile de tenir dans une petite ville : en 25 ans, la concurrence s’est considérablement étoffée, des salles se sont créées, des festivals se montent. Au début, le public venait à l’aveugle. Aujourd’hui, il s’informe, écoute les artistes sur le net, devient plus exigeant. » Pour tirer son épingle du jeu, la salle s’adapte (une nouvelle communication, un nouveau site Internet sur lequel on pourra écouter les artistes programmés et un nouveau programmateur aguerri, Julien Pauletto) et mise, avec ses 350 places, sur la proximité. « Ici, les spectateurs sont à un mètre de la scène. »

Tous les soirs de concert, on peut dîner sur place et se régaler de la cuisine de Latifa, et croiser, au bar, les artistes après les concerts. Une ambiance que l’on ne retrouve dans aucune des salles alentour. Comme on ne retrouve pas non plus, les fameuses Soirées des filles, et qui sont devenues, en dix ans, des rendez-vous arlésiens parmi les plus courus. Pour fidéliser et agrandir son public, Le Cargo a une martingale imparable : proposer régulièrement des « événements ». Ce fut Yaël Naïm, cet été, venue jouer les titres de son prochain disque avant de l’enregistrer, Jamel Debbouze, l’immense Patti Smith en 2011… Des « surprises » que l’on doit aux amitiés fidèles que Jean-Marc Pailhole a su nouer avec les producteurs et les artistes eux-mêmes. « Arles est un atout, reconnaît Jean-Marc Pailhole. C’est un village surprenant, identifié comme « culturel ». » Le Cargo est aussi aujourd’hui un partenaire d’autres acteurs importants de la scène culturelle, comme PIAS. Avec le festival More Arles, il vient de programmer Folamour, DJ et producteurs en pointe et a été partenaire de Luma pour le Son du parc, le 21 septembre. C’est le Cargo qui souffle ses 25 bougies mais les cadeaux sont pour nous.

7-9, avenue Sadi-Carnot. Tél. 04 90 49 55 99. www.cargodenuit.com