Moins médiatisés que leurs collègues hospitaliers, les infirmiers à domicile sont pourtant restés en première ligne, aux côtés des patients les plus fragiles et les plus menacés par le virus. Reportage avec Alain Arsac, infirmier libéral à Arles depuis 20 ans.

Tous les jours, Alain Arsac se rend, en scooter ou en voiture, au chevet de malades qu’il a appris à bien connaître. Mais depuis le confinement ses tournées sont différentes, même si aucun de ses patients n’est atteint du Covid-19. Pour éviter la propagation du virus et en protéger ses patients, dont certains sont très âgés, d’autres atteints de pathologies chroniques (diabète, hypertension), il respecte à la lettre les recommandations de l’ARS (Agence régionale de santé).

Avant même d’entrer en contact avec le patient, l’infirmier s’équipe. photo R. Boutillier/ville d’Arles.

Avant même de pénétrer dans chaque habitation,  il se nettoie les mains, les sèche avec un essuie-tout et enfile gants et masque. Avant d’entrer, il s’assure que le patient est seul.  « Nous devons désormais être équipé d’un saturomètre, qui permet de vérifier la quantité d’oxygène qui circule dans les artères » détaille Alain Arsac, qui contrôle systématiquement chacun des 15 patients qu’il visite tous les jours.

Equipé d’un saturomètre, cet infirmier vérifie la quantité d’oxygène qui circule dans les artères. Photo R. Boutillier/Ville d’Arles

Mais ce qui a beaucoup changé c’est la relation qu’il noue avec chacune des personnes : « je reste beaucoup plus longtemps chez chacun. On commente l’actualité, les émissions télé. On parle cuisine et on échange les recettes. Je les dépanne en faisant des courses quand ils en ont besoin, je ramène du pain frais. Et je leur parle des mesures d’hygiènes et de distanciation sociale » explique Alain Arsac, qui s’étonne de sa patience, malgré son tempérament plutôt … vif. 

Malgré ce quotidien déjà bien chargé, cet infirmier chevronné s’est porté volontaire pour tenir des permanences au gymnase Lamour, qui abrite un centre de consultation Covid-19 et se rend également dans les maisons de retraite. Mais il est prêt à faire plus et se dit volontaire si, dans le cadre du déconfinement, le gouvernement confirme sa volonté de dépister massivement les personnes malades.