Ce vendredi 1er mai, Naïs Lesbros, l’actuelle Reine d’Arles, aurait dû passer le flambeau, après trois ans de règne. Sur le balcon de l’hôtel de Ville, devant un parterre de gardians et de milliers de curieux rassemblés place de la République, le nom de la nouvelle Reine aurait dû être prononcé. Mais, confinement oblige, l’élection de la 24ème Reine a été décalé d’un an, laissant les huit prétendantes au 24ème règne suspendues à la décision du jury qui n’interviendra qu’en mai 2021. « Au regard de la situation, nous avions imaginé plusieurs scénarii. Le report en juin 2020 de l’élection, une élection à huis clos avec huissier ou le report à l’an prochain » explique la Présidente de Festiv’Arles Marie-Claude Roblès. La décision a été tranchée lors de la seconde allocution du Président de la République. 

La Reine d’Arles entourée des nuits prétendantes à sa succession. Photo: O. Quérette/ektadoc/ Ville d’Arles

L’élection est reportée, les Fêtes d’Arles annulées

L’élection est donc reportée, et les fêtes d’Arles annulées. Les férus de la Course de Satin, de la Pegoulado ou de la Fête du costume devront patienter une année. « Que les fêtes d’Arles soient annulées dans leur intégralité c’est une première. En revanche, la première Reine d’Arles, Angèle Vernet élue en 1930, a eu un règne de 17 ans à cause de la seconde guerre mondiale. Naïs rentre donc dans l’histoire, avec son mandat de quatre ans » détaille Marie-Claude Roblès. 

L’élection de la future Reine était pourtant bien engagée. « Huit candidates ont été retenues, elles ont été présentées au Conseil d’Administration de Festiv’Arles, puis à la presse, mises en situation avec des photographes et vidéastes. En mars, elles ont participé à la Recampado de Fontvieille pour l’élection de la Demoiselle du Moulin où elles ont lu un poème de leur choix en Provençal, devant le jury (composé de sept personnalités au nom tenu secret) » explique la Présidente de Festiv’Arles. Les présélections devaient se dérouler à l’hôtel Arlaten les 28 et 29 mars derniers. « Les candidates ont totalement compris et accepté ce report. Et l’équipe actuelle est ravie de poursuivre l’aventure encore une année ».

Pas de déception donc, même pour l’équipe de Festiv’Arles qui avait préparé plusieurs surprises et entamé un nouveau partenariat avec les Rencontres d’Arles. « Le festival Les Rencontres d’Arles de la Photographie avait prévu d’ouvrir une semaine avant leur date habituelle pour débuter en même temps que les fêtes d’Arles. Cela aurait permis à un public nouveau, et notamment des photographes du monde entier, de découvrir la richesse de nos traditions » révèle Marie-Claude Roblès. Et si l’événement n’aura pas lieu cette année, l’équipe de Festiv’arles reste mobilisée pour transformer l’essai en 2021.

« Je n’aurais jamais imaginé que mon règne allait se poursuivre »

Naïs Lesbros et ses demoiselles d’honneur lors de leur élection le 1er mai 2017. Photo R. Boutillier/ Ville d’Arles

La 23ème Reine d’Arles Naïs Lesbros est confinée mais heureuse de continuer à être l’icône d’Arles et de la tradition. « Je n’aurais jamais imaginé que mon règne et celui de mes demoiselles d’honneur allait se poursuivre une année de plus. Je suis ravie que le conseil d’administration de Festiv’Arles ait choisi l’option du report, parce que l’élection à huis-clos et donc la fin de notre règne par la petite porte aurait été très frustrante par rapport  à l’investissement total qui a été le nôtre pendant trois ans » explique Naïs. Elle pense également aux huit jeunes filles qui rêvent de lui succéder : « à huis clos, elles se retrouveraient toutes seules et je sais à quel point le soutien et la présence de la famille sont déterminants. Ce report est une bonne chose pour elles. C’est l’occasion d’étudier plus encore, de réviser, de coudre, de réfléchir au sens de leur candidature, de s’enrichir, de se rendre sur les musées en ligne, d’acquérir plus de maturité » conseille la Reine d’Arles.

La Reine en confinement peaufine ses costumes

Confinée chez elle, Naïs Lesbros coud, peaufine chaque détail de ses costumes, ajoute de petites pièces : « ce confinement est vraiment l’occasion de prendre le temps pour magnifier nos costumes. C’est passionnant de travailler les détails et là on a le temps. Et réaliser quelque chose de ses mains est une vraie satisfaction ». Pourra-t-elle se parer de son costume le 14 juillet, date à laquelle les rassemblements seront peut-être autorisés ? La Reine d’Arles relativise : « il faut faire les choses intelligemment, ne plus penser à sa propre personne et réfléchir au collectif. C’est la meilleure option pour sortir de cette crise sanitaire. »