Les artistes qui composent, inventent et produisent sont confinés mais n’ont pas mis leur capacité à nous faire rêver ou vibrer entre parenthèse. A Arles, leurs créations sont apparues sur les réseaux sociaux, ont égayé notre fil d’actualité, titillé notre intelligence, nos oreilles, nos sens. Et nous offrir un moment d’évasion.

Les musiciens donnent le la 

Henri Maquet, musicien poly-instrumentiste, ethnomusicologue et compositeur, s’approprie depuis des années le répertoire populaire des langues d’Oc, qu’il revivifie de rythmes entraînants. Il vient de sortir un album, « Legendàri » (légendaire en Provençal), à écouter gratuitement en ligne« Ce disque met en musique le magnifique paysage des légendes du pays d’Arles, accompagné de fées, de Tarasque et autres personnages mythiques, explique ce touche-à-tout. « Ce sont autant des compositions d’une vingtaine d’années que d’autres très récentes. Et j’ai réalisé que j’avais de quoi faire un album autour de cette thématique. »  A côté de ses propres compositions, Henri Maquet en a emprunté quelques-unes à Gaël Hemery, Baroncelli ou Charloun Rièu du Paradou. Accompagné d’Emmanuelle Aymès à la voix, Michel Bachevalier aux percussions et Claude Guerre à la déclamation, l’artiste a commencé l’enregistrement juste avant le confinement. Pour le mixage, moment décisif, il a fallu improviser : « Je me suis aménagé un studio d’écoute à la maison. Puis j’ai demandé à des amis de constituer une sorte de comité de soutien à distance pour écouter et de me faire part de leur réaction ».

Henri Maquet au Colloque Le chant du roseau. Photo Patrick Mercier /Ville d’Arles

Cet opus, qui aurait dû sortir en CD au mois de mai, a été mis en ligne le 25 avril.« Ce changement de décision est dû au confinement. J’ai préféré avancer la sortie de l’album pour permettre aux auditeurs de vivre des aventures musicales épiques depuis chez eux. C’est un album qui raconte, qui vole, qui court… je ne pouvais pas le garder enfermé avec moi » détaille Henri Maquet, qui organise avec sa compagne également des concerts en live sur les réseaux sociaux.

Confinée à Paris, la jeune arlésienne de 25 ans Cynthia Tolleron, a remporté un succès inespéré avec la chanson « Solo ».

Plus proche de nous, le duo arlésien Vice & Vertu a monté un clip aussi drôle que coquin. Le chanteur Mathieu Bertello et le guitariste Guillaume Franceschi se mettent en scène pour raviver les souvenirs d’enfance avec ce « petits fours et pâtisseries » composé aux petits oignons.

Une pause cinéma avec Quentin Tarantino 

Rémi sabouraud lors d’une édition des Napoléons. Photo Romain Boutillier/Ville d’Arles

Dans un tout autre registre, Rémi Sabouraud, a créé un master class cinéma dédié au réalisateur Quentin Tarantino. « Architecte en design invisible » avec son entreprise « Goût d’idées », Rémi intervient habituellement pour de grandes entreprises, festivals ou manifestation publique afin de faire naître des innovations stimulantes. Son activité étant quasiment à l’arrêt, il a sorti une autre corde à son arc. La mise en quarantaine, soit « quarantine » en anglais, l’a inspiré. « Quarantine m’as tout de suite fait penser à Quentin (ou Quentine en anglais) Tarantino. J’ai pensé à son premier film Reservoir dogs qui nous concerne directement puisque le film se déroule en confinement » explique cet expert en créativité. Il a alors monté un master-class sur Zoom en décryptant ce chef d’œuvre du septième art. Fort du succès de cet essai, il a travaillé alors sur Pulp Fiction. « Encore une fois, ce film nous parle car ses personnages y sont souvent dans l’attente, comme nous le sommes en ce moment. Il y a beaucoup de choses à apprendre de ce grand réalisateur ».

Enfin, Pour ceux qui veulent déclamer leur flamme, donner des nouvelles ou partager des textes, Jacques Barville, comédien à la retraite s’est improvisé poète baladin pour aller déclamer vos mots, poèmes ou humeurs, tous les soirs à partir de 18h en centre-ville. Grâce à lui, nous pouvons tous nous sentir artiste, le temps d’une soirée.