A la blanchisserie, le linge arrive dans des grands sacs, identifiés par des couleurs différentes selon la nature du linge (draps, serviettes…). photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles

La blanchisserie de l’hôpital d’Arles a été l’un des services essentiels de la lutte contre la propagation du Covid-19. Reportage au coeur de ce service, où les machines les plus performantes et les protocoles les plus rigoureux sont associés au service de la sécurité des patients. 

Ils n’ont pas été sous les feux des projecteurs comme leurs collègues soignants. Pourtant, les 23 agents attachés à la blanchisserie de l’hôpital d’Arles ont constitué un maillon indispensable de la lutte contre la propagation du Covid-19. La montée en pression a été d’autant plus importante que le 9 mars -soit quelques jours avant le début du confinement-, le service a repris le travail de la blanchisserie de l’hôpital des Portes de Camargue, à Beaucaire. Une « réunion » rendue possible puisque les deux établissements sont sous direction commune. 

Aujourd’hui, ce sont 5 tonnes de linge en moyenne qui sont traitées chaque jour dans le sous-sol de l’hôpital Joseph-Imbert, dont 6000 tenues de soignants. Avec, dès le début du confinement, un protocole et une organisation adaptés à la crise, qui ont demandé aux agents de travailler 6 jours sur 7, d’oublier vacances et jours fériés, malgré le renfort apporté par l’entreprise Blanche Camargue. « Tout le linge a été considéré comme du linge infectieux, ce qui rallonge les cycles de lavage, et la quantité d’ équipements du personnel prise en charge chaque jour a été multipliée par deux » précise Pierre Saleinc, responsable de la logistique. Mais, ajoute-t-il en choeur avec Johann Montignies, directeur-adjoint chargé des achats et des ressources matérielles, « l’engagement des agents, la synergie entre les différents services a été sans faille, que ce soit à la blanchisserie mais aussi à la maintenance ou encore au garage pour les livraisons.» 

Tous les jours, la blanchisserie prend en charge les équipements des personnels soignants et le linge (draps, alèses, taies, serviettes, couvertures) des patients de l’établissement d’Arles et de celui des Portes de Camargue, de sept Ehpad du pays d’Arles et du linge de leurs résidents. Au milieu de cette marée qui déferle chaque jour, la vigie Nathalie Garcia veille aux relations avec les différents services, à l’identification par code-barre des vêtements, ce qui permet de savoir exactement où ils en sont de leur processus de lavage. A ses côtés, sous la direction du responsable de service Benoît Rotty et de son adjoint Bernard Illouze, l’espace est réparti en deux zones séparées par une frontière étanche : l’une réservée au « sale » où le linge est trié, l’autre au « propre » où il est lavé. Les agents y pilotent des machines qui trient, convoient, désinfectent, lavent, plient et repassent. Ces mastodontes d’acier, certains  acquis tout récemment pour faire face à l’accroissement de l’activité, représentent des investissements très importants, puisque chacun peut coûter de cent à deux cent mille euros.

Le linge sort du « tunnel de lavage » en « galette » de 25 kg. Il est ensuite envoyé dans un robot démêleur. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Ici, on ne parle donc pas de machine à laver mais de « tunnel » de lavage constitué de 10 compartiments de 25 kg chacun d’où le linge sort en « galette » de 25 kg. Ces paquets de linge sont ensuite envoyées dans le robot démêleur, équipé de ses « bras » gigantesques. Repasseuse et plieuse entrent ensuite en action. Seul le linge des 700 résidents d’Ehpad est plié à la main, avec soin.

Le repassage est assuré par l’une des gigantesques machines. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

« Tout est lavé à 60° puis repassé à 180°, une garantie supplémentaire dans la lutte contre les virus et bactéries » précise Pierre Saleinc. Quant au linge dit « contaminé » – c’est-à-dire qui a été en contact avec différents virus et bactéries – , il est enfermé dans des sacs hydrosolubles et subit un cycle de désinfection (comme les gants des soignants) avant d’être lavé selon la procédure habituelle. Ce protocole est validé par le Comité de lutte contre les infections nosocomiales et mis en oeuvre par son bras armé, l’Equipe opérationnelle d’hygiène. « Le traitement du linge a été particulièrement au centre des discussions de la cellule de crise quotidienne liée au Covid-19, confirme Pierre Saleinc. Et il est, de tout temps, l’un des sujets cruciaux de l’hôpital, garant de la sécurité des patients. »

Retrouvez le reportage photos sur phototheque.arles.fr