La Tour, depuis le boulevard Victor-Hugo. photo O.Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

« Un lieu où toujours, quelque part, quelque chose se passe » : l’ambition affichée par LUMA est devenue réalité. Après sept ans de travaux, le campus créatif, dominé par la Tour imaginée par l’architecte Frank Gehry, les anciens ateliers et le parc public qui se déploient sur cet ancien site industriel, ont ouvert ce 26 juin 2021. Après la présentation à la presse qui s’est déroulée sur deux jours pour accueillir 150 journalistes venus du monde entier (d’Europe, mais aussi des Etats-Unis, de Chine, du Japon), le site se dévoile aux les Arlésiens et aux visiteurs, gratuitement.

La Tour, 56 mètres de haut, 9 étages. Par le boulevard Victor-Hugo, on accède donc presque sans s’en rendre compte, au « drum », espace circulaire ceint d’une rotonde de verre, socle de la fameuse Tour. Celle que les Arlésiens ont vu, au fil des ans, grimper à l’assaut des nuages puis s’habiller de 11500 blocs d’acier inoxydable, spécialement travaillés pour ne pas éblouir mais pour capter la lumière, est l’oeuvre de l’un des plus célèbres architectes au monde, Frank Gehry. A 91 ans, il est venu depuis Los Angeles assister à l’ouverture de l’une de ses dernières créations : « Ce bâtiment unique, est né d’une collaboration, avec Maja Hoffmann. C’est aussi mon hommage à l’architecture romaine, que j’ai découvert pour la première fois en 1959 ici, en France, et qui m’a bouleversé. Enfin, j’adore la lumière d’Arles, j’aime le vent d’Arles. Je voulais faire un bâtiment qui capture la lumière. On a passé beaucoup de temps à trouver un métal qui ne soit pas froid mais qui reflète la lumière avec douceur. Vous savez, cette lumière que van Gogh a trouvé ici et qu’on voit toujours dans ses tableaux ! » « J’ai souhaité une tour, a complété Maja Hoffmann, parce que je voulais qu’on puisse voir la mer depuis la ville, sans oublier le Rhône. Je voulais qu’on comprenne que c’est une ville en lien avec la Méditerranée. » Une Tour comme une oeuvre d’art, donc, avec ses fans et ses détracteurs.

Dans la rotonde vitrée, appelée « le Drum ». photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

dans la Tour, donc, on peut se balader entre les expositions et les oeuvres, se laisser glisser sur le tobbogan géant de Cärsten Höller, se voir la tête en bas dans le miroir inversé d’Oliafur Eliasson, tomber en arrêt devant une fresque signée Etel Adnan, écouter les propos lumineux d’Edouard Glissant, s’émouvoir devant les photos pleines d’humanité de Diane Arbus et d’Annie Leiboviz… Ou encore faire une pause au Drum café conçu par l’artiste Rirkrit Riravanija. Ou traverser tout droit depuis le boulevard et tomber sur le parc public. Lui aussi, conçu par l’un des paysagistes les plus réputés au monde, Bas Smets, fonctionne sur le même modèle : véritable création, il est aussi écrin d’autres oeuvres et se vit selon l’humeur. On s’y pose au bord de l’eau, on y repère parmi les 666 arbres, les 80 000 plantes et les 140 espèces différentes, les trois qui existaient du temps où le site n’était qu’une aride dalle de béton ou on rejoint les anciens bâtiments de la SNCF qui, rénovés pendant la construction de la Tour, ont depuis 2008, accueilli des expositions, des installations, des concerts… C’est encore le cas aujourd’hui, avec notamment trois des expositions des Rencontres d’Arles de la photographie, à découvrir à la Mécanique générale. Centre culturel unique au monde tant dans son ambition que sa conception, parc public pour jouer, se reposer ou se défouler, le « campus créatif » de LUMA à Arles est avant-tout une formidable défi à l’imagination. A chacun d’y inventer ce qu’il veut y vivre.

Oeuvre de Paul McCarthy au sein de L’exposition éphémère, collection Maja Hoffmann. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

La Tour et les espaces d’expositions seront ouverts tous les jours de 10h à 19h30. Le jardin public est ouvert tous les jours de 7h à 20h30. Pour toute l’année 2021, l’entrée est libre dans La Tour, ainsi que dans la totalité des expositions LUMA situées dans les bâtiments historiques, sur réservation. www.luma.org