La liste est très longue des anciens ministres, des personnalités venues à Arles, dimanche 4 juillet, pour assister à l’inauguration officielle de la Fondation Luma. Les noces pourrait-on dire, entre la Fondation créée par Maja Hoffmann en 2004 et la Ville d’Arles. Mariage pluvieux, mariage heureux, puisque une surprise de taille attendait chacun et Maja Hoffmann la première : elle a reçu des mains de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, les insignes de Commandeur des arts et lettres, plus haute distinction de la République Française dans le domaine des arts.

D’ailleurs, de mémoire de ministre, jamais une telle distinction n’avait été décernée à l’insu de celle qui la recevait. Mais Roselyne Bachelot a tenu à en rappeler les motifs, la « lignée » de mécènes dont Maja Hoffmann est issue, à commencer par sa grand-mère dont elle porte le prénom et qui fut, elle-aussi, un soutien précieux aux artistes.

«Ce qui vous anime est l’art en train de se faire » a dit encore la ministre, en évoquant la Fondation où se trouvent aussi bien des artistes en résidence, qu’un lieu de formation, bibliothèque, lieux d’expositions et laboratoire d’expérience créatives. « Jamais en France, une personne n’avait autant investi, hors d’une métropole » a-t-elle conclu, après un hommage à l’architecte des formes libres, Frank Gehry.

Frank Gehry et Patrick de Carolis. Photo O.Querette / ektadoc.com / Ville d’Arles

Une chance et un défi

Si Renaud Muselier, président de la Région a parlé d’un écrin fait à la culture, Patrick de Carolis, maire d’Arles a lui, salué Frank Gehry « Votre geste établit ainsi un dialogue entre l’abbaye de Montmajour et la Tour Luma : deux  monuments qui prophétisent chacun, à mille ans d’intervalle, un monde nouveau. Oui, la Tour que nous inaugurons aujourd’hui annonce une nouvelle ère, et c’est notre vœu, faite d’intelligence et de partage, de culture et de vie (..). Car cette impressionnante construction qui abrite un laboratoire d’idées et de créativité permet non seulement au monde entier de porter à nouveau, son regard sur notre ville, mais inscrit la Fondation Luma dans un nouveau chapitre de l’histoire d’Arles. »

Et s’il a parlé d’une chance, il a aussi parlé d’un défi, pour la Ville, de remettre au niveau de l’enjeu, toutes les infrastructures : en termes, de sécurité, de formation, de voirie… et de tout ce qu’exige l’arrivée de touristes, mais aussi de créateurs.

Désormais, le jardin public des Ateliers est ouvert au public. Et la Fondation Luma que Roselyne Bachelot a joliment définie comme un symbole de Luma, lumière, brille désormais dans le ciel arlésien.