Le projet « DIGUE 2020 » a été lancé en janvier 2020 à Beauduc, entre les étangs du Galabert et du Fangassier.
Photo Philippe Praliaud / Ville d’Arles

C’est une étroite langue de terre entre deux eaux, surplombée d’une rangée de ganivelles. Un ouvrage semble-t-il anodin, comme la Camargue en compte des dizaines. Cette petite digue séparant les étangs du Galabert et du Fangassier, tout près de la plage de Beauduc, est en fait unique en France et sans doute au monde de part sa construction en sol-chaux. Un concept innovant, économique et respectueux de l’environnement. Déjà utilisé sur des digues fluvial et des ouvrages routiers, le sol-chaux n’avait jamais été testé en milieu maritime. « C’est un matériau moins volumineux que la roche, et qui permet d’augmenter la cohésion et la résistance du sol » explique Philippe Mauguin, PDG d’Inrae, l’Institut de recherche qui mène ce projet financé par l’Union Européenne et soutenu par l’État, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Département des Bouches-du-Rhône. Véritable laboratoire à ciel ouvert, la plate-forme permettra d’évaluer sur 20 ans les actions de la mer (vagues, sel…) sur ce type de digues.

La sous-préfète d’Arles Fabienne Ellul coupe le ruban tricolore lors de l’inauguration, mercredi 13 octobre 2021.
Photo Philippe Praliaud / Ville d’Arles

L’ouvrage camarguais, baptisée « DIGUE 2020 », a été inauguré mercredi 13 octobre 2021 en présence du maire d’Arles Patrick de Carolis. Son adjoint à la gestion des risques et président du Symadrem (Syndicat mixte interrégional d’aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer) Pierre Raviol explique que « plus d’un an après la fin des travaux, les premiers résultats sont concluants. Et quelles que soient les conclusions à venir, ce projet était une nécessité pour tester l’efficacité de la chaux ». « DIGUE 2020 va livrer des informations capitales pour les ouvrages de protection de la population et de l’environnement » a insisté le conseiller régional Cyril Juglaret. A ses côtés, la sous-préfète d’Arles Fabienne Ellul a salué « la mobilisation des scientifiques et des collectivités sur ce projet innovant, qui devrait nous permettre de rompre avec les routines de gestion. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons réussir. »