Trois ans de travaux titanesques ont été nécessaires pour améliorer très significativement le niveau de protection d’Arles et de Tarascon sur la rive gauche du Rhône.

La digue Arles Tarascon, d’une longueur de 5 km, est située à plus de 2 km du Rhône. Elle est longée par une piste cyclable à gauche et le remblai ferroviaire à droite, qui a été mis en transparence hydraulique pendant la construction de la digue. Photo (et une) O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Ironie de la météo, au coeur de ce 10 novembre 2021, journée particulièrement pluvieuse comme l’automne arlésien en connait, le soleil a percé les nuages quelques heures dans l’après-midi, juste le temps de couper le ruban bleu-blanc-rouge sur la digue Arles-Tarascon. L’ouvrage, conçu par le Symadrem dans le cadre du Plan Rhône, a dévoilé sous le soleil sa géométrie sans défaut cachant une ingénierie particulièrement innovante pour résister à la surverse jusqu’à la crue millénale du Rhône. Parallèlement à ces travaux qui ont commencé en 2018 et coûté 67,6 millions d’euros, SNCF Réseau a procédé à la mise en transparence hydraulique du remblai de la voie ferrée. Des travaux la-aussi gigantesques qui ont consisté à positionner sous la voie 10 ouvrages en béton de 1700 tonnes chacun permettant l’évacuation de l’eau vers les zones d’expansion.

La construction de cette digue est le fruit d’une collaboration exemplaire entre les collectivités, dont les représentants étaient réunis pour l’inaugurer. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles

Aussi c’est donc Pierre Raviol, président du Symadrem, accompagné de Thibaut Mallet, son directeur, et Karim Touati, directeur territorial SNCF Réseau, qui accueillaient, pour célébrer cette mise en service, Christophe Mirmand, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et préfet des Bouches-du-Rhône, la sous-préfète d’Arles, Fabienne Ellul, la députée Monica Michel, le maire d’Arles et président d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, Patrick de Carolis, Cyril Juglaret, conseiller régional représentant Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Lucien Limousin, maire de Tarascon et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône représentant sa présidente Martine Vassal.

Le préfet de Région a résumé le sentiment de tous en saluant « la performance technique mise au service de la protection des populations, aidée par une communauté de travail des différents partenaires et collectivités qu’il serait nécessaire de faire perdurer pour mener les travaux à venir. » Ces travaux ont en effet été financés par l’Etat (à 40%), la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (30%), le département des Bouches-du-Rhône (25%), l’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (5%). Quant au Symadrem, qui a pour mission la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations sur le territoire du grand delta du Rhône, est en effet un syndicat mixte qui regroupe le département des Bouches-du-Rhône et six communautés d’agglomération dont Arles-Crau-Camargue-Montagnette.

Le maire d’Arles, entouré de Pierre Raviol, président du Symadrem et Cyril Juglaret, conseiller régional. photo O. Quérette/ektadoc/ville d’Arles.

Le maire d’Arles et président d’ACCM, Patrick de Carolis, a lui aussi souligné cette solidarité entre les différentes collectivités. Mais il a aussi tenu à mettre en avant le « renouveau économique » que ces travaux et la protection renforcée du territoire qui en découle ne manqueraient pas de favoriser. En effet, la digue Arles-Tarascon mais tous les travaux de protection du territoire arlésien réalisés par le Symadrem dans le passé et à venir peuvent amener à imaginer une évolution du PPRI (plan de prévention du risque inondation), ce qui permettrait de rendre constructible des secteurs qui ne le sont pas pour l’instant. Et permettre ainsi le développement et l’installation d’entreprises. Patrick de Carolis, ainsi que Karim Touati, directeur territorial SNCF Réseau, ont également souligné l’exemplarité du projet en matière de protection de l’environnement. En effet, les travaux ont été planifiés en prenant en compte les périodes de nidification ou de reproduction de différentes espèces ; une lône (bras mort du fleuve) a été creusée et plantée pour constituer un habitat favorable aux espèces endémiques et la terre ainsi récupérée a été utilisée pour constituer la digue, évitant donc de devoir transporter des matériaux sur une distance beaucoup plus longue.

Prouesse technologique, respect de l’environnement, promesse de renouveau économique : ce chantier coche toutes les cases de l’exemplarité. Sans oublier, bien sûr,son objectif premier: l’indispensable protection des populations, durement meurtries, comme en 2003, quand l’eau dévaste et provoque des dégâts humains et matériels. La digue Arles Tarascon et les mesures associées ont été conçues pour être des boucliers efficaces contre les colères du Rhône. « Pour un montant qui peut paraître très élevé, a rappelé le président du Symadrem, Pierre Raviol. Mais qui sera rentabilisé dans 30 ans, au regard de ce que peut coûter une catastrophe, tant sur le plan économique qu’humain. »